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CDM 2018: Retrospective sur les matchs du premier tour

La 21ème édition de la Coupe du Monde 2018 a débuté ce 15 juin 2018 en Russie. L’espoir était immense sur le continent, pour que les équipes africaines réalisent de belles performances.

Des parcours négatifs, qui interrogent : l’Afrique était-elle à la hauteur pour ce tournoi ?

ÉGYPTE : UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE, ET LA MAGIE DISPARAIT

Les Pharaons d’Égypte premier pays Africains a rentrer dans l’arène, sans leur star Mohamed Salah ont longtemps résisté à la furia uruguayenne amorcée par Cavani.
Ils cèdent finalement en fin de fin de match. Puis affrontent les Russes bien organisés qui enterrent le rêve des hommes du Nil, d’un espoir de qualification au 2ème match.

Battu une 3ème fois par l’Arabie Saoudite, les égyptiens repartent de Russie avec le bonnet d’âne, un zéro pointé et sans coach, Hector Cuper ayant été limogé après cette débâcle.

Seul rayon de soleil, dans cette la grisaille des pyramides, le record du gardien El Hadary devenu, à 45 ans et 5 mois, le plus vieux joueur à disputer une Coupe du monde.

MAROC : DES LIONS EN CAGE

Outsider dans le groupe de la mort (Portugal, Espagne, Maroc, Iran), les marocains avaient les faveurs des pronostics : 18 matchs consécutifs sans défaites, 1 but encaissé lors des phases éliminatoires, et un effectif taillé pour briller…
Malheureux, le Maroc s’est pris la crinière, dans le tapis persan.
Les Lions sont restés en cage, contre l’Iran, bien muselés par Quieroz (coach Iran) et le manque d’ambition tactique de Herve Renard.

Contre le Portugal et l’Espagne, les marocains très séduisant ont fait preuve d’un engagement de tous les instants. Ils ont manqué de justesse devant les buts, et fait preuve d’un peu de naïveté en défense.

NIGERIA : UN MANQUE D’EXPÉRIENCE

Les Supers Eagles n’ont pas arboré leur meilleur plumage, et sont se fait progressivement déplumer par la Croatie, plus entreprenante et expérimentée (500 sélections, contre à peine 100 pour les Nigérians). Sursaut d’orgueil contre la surprise Islandaise grâce au génial Ahmed Musa, et finale contre l’Albiceleste de Léo Messi.

Timides et empruntés, les Super Eagles se réveillent après l’égalisation de Moses. ils ratent plusieurs occasions d’éteindre la désorganisée furia argentine. Mais la VAR, et l’improbable but du pied gauche du droitier Rojo, condamne le Nigeria à rester à quai.
Des regrets pour des Super Eagles, qui au-delà d’un manque certain de grands joueurs, ont surtout manqué d’expérience et d’audace.

TUNISIE : LES AIGLES DE CARTHAGE PIQUENT DU NEZ

Dominés par une sélection anglaise très entreprenante, les Tunisiens se sont inclinés en toute fin de match, contre les sujets de sa Majesté. Face au rouleau compresseur belge, les Aigles de Carthage ont véritablement déjoué, et se sont faits laminés. Petite mais précieuse victoire pour le moral et l’égo, sur l’un des 2 invités de ce mondial russe, le Panama.

SÉNÉGAL : DES LIONS DÉCEVANT

Les Sénégalais ont montré plusieurs visages. Solides contre la Pologne, et en première mi-temps contre le pays du soleil levant, et inexplicablement friables contre los Cafeteros Colombianos.
Les Lions de la Teranga ne rugissent définitivement pas et tombent les armes a la main par un trop plein de cartons.

LES +

Le MEXIQUE a remporté une victoire historique contre les champions du monde allemands. Un remake à la sauce mexicaine bien pimenté, que les Allemands ne s’attendaient pas à gouter vraisemblablement, après la raclée en Coupe des Confédérations en 2017.

Après une difficile victoire contre la Corée du Sud, la « Tricolor », s’est effondrée contre la Suède, le cœur déjà aux 8èmes de finales, le 7ème consécutif, un modèle de régularité.

La CROATIE avec 3 victoires nettes, s’est baladée pendant 270 minutes : 7 buts inscrits, 1 encaissé et 1 trésor de guerre notable, l’Argentine de Messi, Aguero et Higuain. Transitions offensives rapides, équilibre sur toutes les lignes, l’équipe dégage une sérénité et une vraie force collective.

La sélection au damier, ne s’adapte pas à son adversaire, et se voit déjà faire aussi bien, voire mieux que l’équipe de 98, 3ème du mondial français.

L’URUGUAY monte en puissance, après ses 3 victoires en phase de poule, une première. Ils réaffirment leurs valeurs traditionnelles : Rigueur défensive, collectif tactiquement au diapason, réalisme offensif avec la paire Cavani – Suarez.
Un bloc qui sera difficile à manœuvrer, si la défense « Made in Atletico de Madrid » (Godin, Gimenez…), est au niveau.

La RUSSIE a retrouvé un peu de son lustre, mis à mal avant la compétition. Avec 2 victoires en 3 matchs et 8 buts marqués, la Sbornaïa a rallumée la flamme patriotique des russes. Les poulains de l’intraitable coach Cherchesov, vivent d’ailleurs en autarcie depuis 3 mois (pas de TV, d’internet…) lassés des incessantes critiques des médias et du public.
Des ondes positives, qui pourraient avoir de l’effet en 8èmes de finale, avec un mondial plein de rebondissements.

Mentions spéciales :

IRAN qui a proposé un jeu intelligent, et qui sort par la grande porte avec 4 points, véritable exploit dans un groupe difficile. Belgique et Angleterre qui ont emballé cette Coupe du Monde, même si les adversaires étaient plutôt limités, ont envoyé des messages aux autres favoris.

LES ++++

La prestation XXXL de CR7. Le portugais a affirmé sa toute puissance sur la scène footballistique mondiale. Il est le seul à avoir assumé son statut de super star, en marquant un triplé contre l’Espagne et une tête rageuse contre le Maroc.
Il devient le quatrième joueur de l’histoire, à inscrire un but dans quatre Coupe du Monde consécutives.

HARRY KANE, l’insatiable buteur des Three Lions, est le meilleur buteur de ce mondial avec 5 buts marqués. Finisseur racé, il porte en lui tous les espoirs d’un pays qui attend le sacre mondial depuis 52 ans, autant dire une éternité.
Harry futur prince au pays des stars ? Tout est envisageable dans cette Coupe du Monde des surprises.

LUKAKU, l’étendard des Diables Rouges compte 2 doublés en 2 matchs. Souvent décrié pour sa maladresse devants le but, Romelu a remis les pendules à l’heure, en étant très efficace, et collectif.
Ses multiples remises pour Hazard, Mertens ou De Bruyne, le prouvent aisément.

COUTINHO, le métronome du milieu de terrain brésilien, est sans aucun doute, le joueur de la Selaçao, qui montre le meilleur visage. Impliqué sur 4 buts ( 2 buts, 2 passe décisives), le Brésil se porte mieux quand il règle la mire.
Modric & Rakitic, les flamboyants milieux de terrain de la sélection croate, affichent une belle maîtrise. Entre élégance, finesse technique, contrôles de balle orientée, et sens du jeu, ces esthètes, nous réconcilient un peu, avec cette Coupe du Monde, où les beaux gestes sont trop rares.

AHMED MUSA, la sensation nigériane, qui devient le meilleur buteur de son pays avec 4 buts, après son doublé en 2014. Vif, intelligent et adroit devant le but, il a été la seule bouffée d’air du côte nigérian.

BOUTAIB & BOUSSOUFA les marocains, qui ont montré de belles dispositions, face au Portugal et à l’Espagne. On espère les revoir sous les couleurs des Lions de l’Atlas.

WAHBI KHAZRI et BEN YOUSSEF terminent sur une note de satisfaction en inscrivant 1 but chacun et sauve l’honneur de la Tunisie.

KANTE, l’infatigable ra-tisseur du milieu de terrain des Bleus, est le seul à évoluer à son niveau. Une éclaircie au milieu d’un patouillage incompréhensible de l’équipe de France, qui nous a offert une purge, pour l’unique 0 à 0 de cette compétition.

LES –

L’Allemagne, peut-être trop sur de son talent, trop rassasiée de titres internationaux, a rendu les armes face à la Corée du Sud. Le tenant du titre est out, un vrai séisme, puisqu’il s’agit de la première sortie avant le 2ème tour depuis Argentine 1978. En manque d’inspiration offensive, la greffe entre les anciens et les jeunes, n’a jamais pris, au cours de ce mondial.
L’histoire semble s’inverser en 2018, car pour une fois, le football est un sport qui se joue à 11 contre 11, et les Allemands perdent.

Comme lors de trois des quatre dernières éditions du Mondial, le tenant du titre est éliminé dès le premier tour. France 2002, Italie 2010, Espagne 2014…

Jamais capable de hausser son niveau de jeu ou de surprendre ses adversaires avec du jeu rapide ou des remplacements non prévisibles (faites entrer le soldat Gomez), ni Low ni la Mannschaft, ne se sont remis en question. Signe annonciateur, il a été prolongé le matin de l’élimination. Mais 12 ans au même poste, tout Low soit-il, (150 matchs) c’est peut-être trop long.

Manque de concentration des équipes africaines :

Cela a été flagrant, pour des équipes qui évoluent au plus haut niveau. Presque tous les buts encaissés, l’ont été sur des phases arrêtés : corners, pénalty ou au cours des 5 dernières minutes. Cela pose indubitablement la question de la gestion des temps faibles, et de l’expérience des équipes et du staff technique.

Les stars françaises Griezmann, Umtiti & Pogba, ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Peu inspirées, en manque de réussite, ou tout simplement paralysé par l’enjeu, elles ont rendu les matchs des français soporifiques et ennuyeux au possible. Mais attention, ce sont des champions, et leur réaction est attendue contre l’Argentine en 8ème de finales.

Notre point de vue sur le VAR:

Nouvelle venue dans les arcanes du sport de haut niveau, la VAR cherche encore sa place, entre récriminations des joueurs et sélectionneurs, incompréhension du public et décisions à huis clos et interprétations du corps arbitral.

Rappelons d’abord les 4 règles de recours à la VAR : validation ou non d’un but, accorder ou non un penalty, attribuer ou non un carton rouge et enfin corriger une erreur d’identification d’un joueur sanctionné. Les arbitres y ont eu recours plus de 9 fois pour des actions jugées litigieuses.

Star du premier tour, elle a scellé des matchs serré ou à l’enjeu évident comme Espagne- Maroc, Portugal-Iran, Nigeria-Argentine, Sénégal-Colombie. Mais sa plus belle prise reste sans aucun conteste, l’élimination du champion du monde en titre, par la Corée du Sud à la 92ème minute.

Bonne selon certains, tuant la spontanéité du football ou l’intellectualisant selon d’autres, la VAR n’est pas été crée pour couvrir les erreurs humaines. Car il s’agit de cela, de l’interprétation ou non par un arbitre d’un fait de jeu.
La main est-elle allé au ballon, la poussette sur l’attaquant dans la surface était-elle trop ou pas assez forte, le hors jeu était-il valide ou non, alors que selon l’angle de vue, la décision peut être totalement différente.

Le football est une dramaturgie, parfois heureuse, parfois injuste, mais « in fine », c’est toujours l’homme qui prend la décision en dernier ressort. Donc bien que le système à l’instar de la goal-line technologie soit techniquement quasiment au point (eh oui, malgré 36 caméras, 5 arbitres, il y a encore des faits de jeu incompréhensibles..), elle suscitera toujours des polémiques, selon qu’elle profite à une équipe ou à une autre. Alors, contre la VAR non, mais pour plus de pédagogie, et moins d’interprétations suspectes. Elle ne s’en portera que beaucoup mieux, et sera d’autant plus facilement acceptée. (Par Paul Ulrich Kessany, ancien capitaine des Panthères du Gabon).

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