20 mai 2019
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Evocation: Mon meilleur Cameroun-Brésil par Claude Kana

sydney

Un match évènement pourrait avoir lieu mardi 20 novembre 2018 à Londres. Le Brésil joue contre le Cameroun. Entre les deux pays, l’histoire a majoritairement toujours les faveurs de la victoire à la Seleção.

Mais pas ce 23 septembre 2000 à Brisbane aux JO de Sidney…Comme l’illustre savamment Claude Kana dans ce texte aux souvenirs indélébiles: CAMEROUN – BRÉSIL  2-1.

Evocation…

Le 23 septembre 2000 à Brisbane, le Cameroun et le Brésil se rencontrent pour le deuxième de l’histoire en match officiel. L’entraîneur Luxembourgo qui a aussi la charge du Brésil senior a choisi de n’emmener que les joueurs de moins de 23 ans, dont Ronaldinho, Lucio, Baino, Bilica, Lucas, Alex …

Dès le coup d’envoi, les Brésiliens se ruent à l’assaut des buts de Kameni. A trois reprises ils sont à deux doigts de l’ouverture du score. Très serein dans les face-à-face, magistral dans airs, Kameni sauve la maison et rassure tout le monde. A la 16e minute sur un centre anodin de Njitap le ballon est dévié de la main par l’arrière central Fabio Bilica.

Patrick Mboma l’artificier prend l’élan. Le missile qui s’ensuit fait mouche. D’une frappe imparable, il nettoie l’angle des buts du gardien Elton. Les joueurs brésiliens vont, plusieurs fois se retrouver nez à nez avec Kameni qui est dans un jour de gloire.

A la 74ème minute, sur une remise en jeu, Etame récupère la balle, puis se ravise et la laisse à Njitap. L’arbitre, convaincu qu’il s’agit d’une manœuvre destinée à perdre le temps sort le carton rouge, avec une légèreté qu’on ne voit que contre les africains. Les camerounais réduits à 10 reculent. A la 94e minute, le ciel va s’écrouler sur leurs têtes. Un attaquant brésilien qui s’était échappé est repris illégalement par Nguimbat.

L’arbitre allemand Fandel sort le carton rouge direct. Le coup franc qui s’ensuit est fatal. Menant jusqu’au temps additionnel, le Cameroun est rejoint et doit affronter les prolongations réduit à 9.

A ce moment, il faut résister là où les autres craquent. Pour ne pas gaspiller les énergies et créer les espaces, l’entraîneur Akono a demandé à ses joueurs de s’aligner au niveau de la médiane. Le grand Brésil sera pris au piège du hors-jeu à 23 reprises.

Le temps passe, les émotions se succèdent. Les camerounais les plus optimistes espèrent qu’on arriverait aux tirs aux buts et que Kameni ferait admirer sa classe.

113e minute, la prolongation tire à sa fin. Patrick Suffo, au four et au moulin depuis son entrée récupère un ballon dans la surface camerounaise. Avec le tempérament qu’on lui connaît, il s’extirpe de la meute brésilienne, suivi par Mbami et Meyong Ze.

En un temps éclair, ils se retrouvent dans une situation de 3 contre 5. Meyong Ze sollicité, fixe deux brésiliens et passe le ballon à Mbami. Suffo, pour créer la diversion fait un appel à droite, suivi par un défenseur.

Modeste Mbami, de deux feintes de frappe, se débarrasse des défenseurs brésiliens restés dans l’axe. Le champ de tir s’ouvre. D’une frappe sèche, il renvoie le Cameroun en demi-finale. C’est le hold-up parfait. K.O, les brésiliens s’écroulent un à un.

Au terme d’un scénario dantesque, le Cameroun venait une fois de plus de faire un pied de nez à l’histoire. Comme face à l’Argentine en 1990, au Chili en 1998, les Lions venaient de s’imposer à 9 contre 11. Où allaient-ils chercher de génération en génération cette foi à la victoire ? Sûrement le milliard de téléspectateurs qui a vécu le match à travers le monde a dû se poser cette question, sans avoir la moindre esquisse de réponse.

*Claude Kana, est historien du football

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