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Foot pro : Qui est le gendarme des clubs ?

Plus qu’une hérésie, la gestion des clubs par certains dirigeants de clubs, de manière unilatérale et personnelle a rendu impossible la professionnalisation du « métier » de footballeur au Cameroun.

Fallait-il d’ailleurs attendre 2011, et l’épée de Damoclès de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) et la pression à reculons de la Confédération Africaine de Football (CAF) pour que la Fecafoot, opposée à ce passage « en force » jugée prématurée de l’amateurisme criarde, à un gap professionnel sans base puisse être fait ?

Oui, et non, peut-on  répondre. La première expérience d’une ligue professionnelle n’avait pas connu des heures glorieuses. Mais on prenait les mêmes et on recommençait en 2012. Le lancement de la ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) n’avait rien de semblable au monde.

En 2012, le football à quelques exceptions prêtes se jouait sur de la terre battue. Les rares stades en gazon, naturel ou synthétique pouvaient être comptés  au bout des doigts. Le général Pierre Semengue, nommé par la « troïka » : Ministère de Sports, Fecafoot, ACEC (main forcée ?) avait annoncé la couleur avec 9 objectifs à atteindre pour entrer dans l’ère 1 du football professionnel au pays de Roger Milla.

Il sera bien seul dans sa pensée. Il avait été salué par une succession de grèves…des présidents de clubs. Ces derniers, ne sentant pas la manne promise tomber du ciel ne se cachaient pas pour réclamer les subventions (État, MTN, Fecafoot)…

Mais plus de 6ans plus tard, qui peut faire un bilan et qu’il soit vraiment positif de la gestion des clubs professionnels au Cameroun ?

De 2012 à  2018, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mais dans la vie de 95% des formations de l’Elite (Elite One et Two), les mêmes tares subsistent (refus de payer les primes de signature, de matchs, les salaires, et les primes spéciales des joueurs et encadreurs) pourtant les subventions n’ont jamais cessé. Les mêmes clubs vivent dans le calvaire de leurs débuts (aucun siège digne de ce nom, aucun de terrain d’entrainement, inexistence des aires de jeu, blocage de la mise en place des sociétés sportives commerciales, Etc.)

Vers où va-t-on ?

Huit ans plus tard, la médecine sportive cheville de bataille de Pierre Semengue n’est même pas en « chantier »… Les responsabilités sont partagées dans tous les cas. Les dirigeants de clubs n’ont pas souvent les « moyens de leur politique ». Mais qui permet à ces derniers de se mettre en mouvement ?

Pourquoi n’existe-il pas un « gendarme financier » comme partout ailleurs dans le foot pro. Pour qu’au-delà, des garanties bancaires, des infrastructures sportives adéquates et des conditions de sécurités sanitaires minimales soient présentées par les équipes de football professionnel avant d’être engagés en Elite One ou Two.   

Du reste, avoir des jeunes footballeurs de 20ans, qui évoluent dans l’Elite, qui passent une moitié de la saison sans primes, et encore moins leurs salaires, n’augure pas d’un lendemain meilleur pour le football pro au Cameroun. Le départ de MTN, principal sponsor, s’il venait à être acté pourrait créer un électrochoc.

Soit effacer de la carte du football national certain clubs, soit donner les ailes enfin aux présidents ayant de vrais projets sportifs à moyen et à long terme, de les mettre en exergue en allant chercher eux-mêmes les financements (en innovant dans la communication auprès des publics cibles, et développant le marketing et le marchandising) nécessaires pour le bon fonctionnement de leur club.

A la LFPC espérons, que la convention signée avec  LaLiga Santander impulsera une dynamique constructive dans la professionnalisation tous azimuts des compétitions.

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