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Les 100 joueurs qui ont marqué l’histoire de la Coupe du monde Roger MILLA (Cameroun)

Son histoire avec la Coupe du monde
Quand il débarque en Espagne en juin 1982, Roger Milla a déjà une longue carrière derrière lui. Il vient de fêter ses trente ans et s’apprête à vivre la première phase finale d’une Coupe du monde dans les rangs du Cameroun. Dès la première journée, à La Corogne, Milla, titularisé par Jean Vincent à la pointe de l’attaque des Lions indomptables, s’illustre contre le Pérou et marque même un but valable, refusé pour un hors-jeu inexistant. Après ce 0-0 très encourageant, il est reconduit face à la redoutable Pologne. Fauché dans la surface à la 89e, Milla voit l’arbitre belge Alexis Ponnet lui refuser un penalty pourtant logique… Nouveau 0-0. Contre l’Italie, Milla souffre mais il participe à l’action décisive qui amène l’égalisation de Grégoire Mbida (1-1). Avec trois points, il est éliminé dès le 1er tour, sans avoir perdu.

Huit ans plus tard en Italie, le Cameroun est de retour. Retraité à la Réunion, Milla est rappelé en sélection par décret présidentiel. Alors âgé de 38 ans, son retour a fait jaser. Mais le Soviétique Valeri Nepomniachi compte sur sa vivacité en seconde période. Il entre à huit minutes de la fin contre l’Argentine lors du match d’ouverture pour aider à conserver le résultat (1-0) face à Maradona et ses frères. Il sort du banc quelques jours plus tard à Bari contre la Roumanie, pour décanter la situation. En l’espace de onze minutes, il dynamite la défense adverse et permet au Cameroun de s’imposer (2-1). Il improvise au point de corner un pas de danse qui l’immortalise, déjà. Quatre jours plus tard, et alors que les Lions indomptables sont qualifiés pour les huitièmes, Roger entre dès la première demi-heure face à l’URSS (0-4). Le 23 juin au San Paolo de Naples, le voici en huitième de finale contre la Colombie. Milla, qui est sur le terrain depuis le début de la seconde période, fait basculer ce match en trois minutes. Il inscrit le premier but du gauche à l’issue d’une accélération, puis d’un dribble (105e). Quelques instants plus tard, il chipe le ballon dans les pieds de Higuita, sorti loin de sa surface, et marque dans le but vide (109e).

L’histoire se poursuit huit jours après en quart de finale contre l’Angleterre, toujours à Naples. Menés 1-0 (Platt, 25e), les Lions égalisent par Kundé à l’heure de jeu sur un penalty consécutif à une action de Milla, puis prennent les devants par Ekéké (2-1, 65e). L’Angleterre égalise sur un penalty (Lineker, 83e) avant de s’imposer en prolongation (3-2, Lineker sur un deuxième penalty, 105e). Remplaçant du début à la fin, Roger Milla a claqué quatre buts en quatre heures et douze minutes de présence sur le terrain. Plus vieux buteur de l’histoire de la Coupe du monde, il en est l’un des héros immortels. Après le Mondial italien, Roger Milla devient une icône planétaire. Insatiable, il rechausse les crampons début 1994, à 42 ans, et il est sélectionné par Henri Michel pour la World Cup aux Etats-Unis. Son but contre la Russie (défaite 6-1) à l’âge canonique de 42 ans fait de lui le plus vieux joueur et le plus vieux buteur de l’histoire de la compétition.

Le moment marquant
En Italie, pendant le Mondial 1990, il est devenu instantanément une vedette planétaire, au point d’être invité et célébré partout pendant de nombreux mois. Mais son but inscrit contre la Russie en 1994, alors que le Cameroun fut éliminé dès le 1er tour de la compétition, l’a propulsé au Panthéon des grands attaquants contemporains. Nul n’imaginait un homme capable d’un tel exploit à 42 ans, chose qu’il a réalisée alors que les observateurs internationaux étaient sceptiques sur sa capacité à concurrencer des attaquants plus jeunes comme David Embe, George Mouyémé, Emmanuel Maboang ou encore François Omam Biyik.

Le chiffre : 10
Titulaire lors des trois matches de la Coupe du monde 1982, il a ajouté cinq matches à son parcours au Mondial lors de l’édition 1990, cette fois sans jamais être dans le onze de départ. En 1994, Henri Michel, qui ne l’a pas fait entrer contre la Suède (2-2), l’a ensuite utilisé contre le Brésil (0-3) et la Russie (1-6) en seconde période, portant son bilan en Coupe du monde à dix rencontres.

L’archive de Francefootball
Dans le FF du 24 mai 1994, à quelques semaines de la phase finale de la Coupe du monde aux Etats-Unis, le Vieux Lion déclare à Vincent Machenaud qu’il croit encore en ses chances d’être aux Etats-Unis : «Il me reste encore trois semaines… Je me sens mieux, je progresse tous les jours. Je veux… Je n’ai pas perdu l’espoir… » Henri Michel travaille avec un groupe élargi, dont il ne retranchera que quelques joueurs – dont un jeune Patrick Mboma – quelques jours avant de voyager. «Je suis conscient de mes limites actuelles, avoue Roger, mais il me reste trois semaines pour y remédier. La technique ne m’a pas quitté. Une place se mérite, pour l’obtenir il faut bosser ». Malgré le fait que quelques cadres du groupe font grise mine de le voir parmi eux, Milla veut encore rugir, une dernière fois. « Si j’ai un bon ballon, j’y mettrai toutes mes forces. Je ne le raterai pas.» Le 28 juin 1994, à Stanford, il inscrit face à la Russie, et alors que son pays compte déjà trois buts de retard, le cinquième et dernier but de sa carrière en Coupe du monde, quelques secondes à peine après avoir remplacé Mfédé (46e)…

Source : Francefootball

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