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Stade Paul Biya : la police étouffe une grève des ouvriers sur le chantier

Les forces de maintien de l’ordre ont dispersé les ouvriers sur le site d’Olembé, alors que ceux-ci entamaient ce mardi matin un mouvement d’humeur en revendications à leurs conditions socioprofessionnelles.

Yaoundé, quartier Olembé ce mardi 12 juin juin 2018. Il est 6 heures 30 minutes. L’entrée du site abritant les travaux de construction du Stade Paul Biya grouille de monde. Des ouvriers, quelques uns pancartes en main, sur lesquelles on peut lire «nous voulons un dialogue honnête avec l’entreprise Piccini Sa, pour la sécurité sociale de tous les ouvriers du projet», ont la mine déconfite. D’autres devisent par petits groupes, et tentent de bloquer l’accès sur le site, mais leur initiative est dissuadée par des forces de maintien de l’ordre, massivement mobilisées, non pas pour encadrer la manifestation, mais pour la réprimander sans vergogne.

Dans la foulée, policiers et gendarmes sautent sur quelques grévistes, et séquestrent deux délégués du personnel, tout en escortant violemment les autres vers la sortie, non sans brandir la menace. «Ceux qui veulent travailler entrent, et ceux qui ne veulent pas travailler rentrent chez-eux», lance l’un des policiers, et un autre de lui emboiter le pas : «encerclez-les, on va les identifier tous. On ne grève pas ici».

Les manifestants sont tenus à bonne distance, et ne décolèrent pas. «Si nos revendications ne sont pas résolues, on va continuer. Le drame est que l’employeur principal pouvait encore nous rassembler afin qu’on trouve des solutions avec l’Inspection du travail. On devait lever le mot d’ordre de grève. Il ne l’a pas fait», vitupère André Zoa, l’un des délégués arrêtés, puis relaxés par la suite. En effet, ces ouvriers ont déposé le 4 juin dernier chez le Délégué régional du Travail et de la Sécurité sociale (Drtss), un préavis de grève annonçant un débrayage sous huitaine, lequel a expiré ce mardi.

Réclamations

Ils revendiquent l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles, parmi lesquelles, l’établissement d’un calendrier de paye selon les dispositions en vigueur, le paiement des indemnités de logement à tous les travailleurs sans discrimination, le paiement des primes de risque, des primes de rendement, des primes de responsabilité, le reversement effectif de leurs coitisations sociales à la Cnps, ou encore la révision de la prime de ration journalière à la hausse selon le cahier des charges. Ils sont pour la plupart des ouvriers appartenant à la société HSD-Melt Group, sous-traitant avec Gruppo Piccini, en matière de ressources humaines.

L’entreprise italienne a décidé de rompre son contrat avec ladite société, ayant constaté «qu’elle récoltait les cotisations des employés, et ne les reversaient pas à la Cnps, alors on a décidé de rompre», explique le Directeur général de Gruppo Piccini Sam Thamin. Mais en attendant que les choses rentrent dans l’ordre, la cinquantaine d’employés grévistes n’entend pas reprendre le travail si ses doléances ne sont pas prises en compte par l’administration de l’entreprise italienne. Ils exigent d’être pris en charge directement par Gruppo Piccini, et non pas par la deuxième société de sous-traitance, 2im, encore sous contrat avec l’entrepreneur italien.

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