Serge Kamdem Kouam : « Les Clubs assument difficilement leurs obligations contractuelles»

Ancien arbitre, Serge Kamdem Kouam cheville ouvrière de Fovu Club de Baham est désormais une voix qui compte dans l’analyse du microcosme footballistique au Cameroun. Au-delà de ces deux casquettes, son parcours dans la gestion de plusieurs clubs de football de l’élite, fait de lui un homme affable, avec un franc-parler déconcertant. Dans cet échange, il revient  de bout en bout sur la gestion de la LFPC, les enjeux autour de l’organisation des matchs et la vie des clubs entre autres…

Y’a-t-il eu un gap dans l’organisation de nos championnats professionnels cette saison ?

« Par rapport à la saison dernière, il y a eu un léger mieux cette saison dans l’organisation de nos championnats professionnels. Pour preuve, la saine émulation a été observée pendant de longues journées, les officiels des rencontres ont essayé autant qu’ils l’ont pu, de faire respecter l’équité, nous avons assisté à la retransmission en direct de 2 matchs sur 2 chaînes de télévisions locales par semaine. Tout ceci a apporté ce saut qualitatif permettant de crédibiliser les compétitions sur le terrain. »

En somme, pas de quoi crier aux loups, tout était presque parfait?

« Les couacs observés sont venus de l’impossibilité d’achever la dernière journée de la MTN ELITE 2 simultanément comme programmé, suite aux cas de force majeur imposé par la situation sécuritaire dans les régions du Sud-ouest et Nord-ouest. Quelques loupés de la Commission d’homologation et de discipline de la LFPC sur les décisions relatives aux fraudes sur l’identité des joueurs en MTN ELITE 1 et 2. Situation rattrapée avant la fin des championnats pour les décisions ayant suivi les précédentes. C’est la CCA du CNOSC qui en refusant de dire le droit dans l’affaire BOTAFOGO # FOVU suite à la mauvaise appréciation préalable de la Chambre d’homologation de la LFPC, va détruire tous les efforts de la LFPC en faisant descendre à tort un autre club en lieu et place de BOTAFOGO FC de Douala. Voilà sommairement la lecture que je pourrai faire de l’organisation de nos championnats pro cette saison avec des encouragements à la LFPC à travers son Secrétaire Général et le service des Compétitions. »

Le saut qualitatif est-il venu des aires de jeu ou jeu produit par les acteurs tout simplement ?

« Les terrains nouvellement aménagés à Yaoundé, Bafoussam et Limbe ont eu un apport qualitatif sur les championnats pro avec une amélioration de la qualité du jeu produit par les principaux acteurs que sont les joueurs et leurs encadreurs. Il est impératif que les autres stades jusqu’ici mis en chantier par la Fecafoot soient mis en service pour l’accroissement des performances de nos clubs et l’amélioration de la qualité du spectacle ainsi que l’amélioration des conditions d’hygiène et de sécurité des sympathisants et supporters. L’ACEC en a officiellement fait la demande au Comité de Normalisation actuel qui a promis y mettre du sien pour l’achèvement des travaux réalisés à 80% au moins pour les 4 stades en chantier. »

Une idée claire alors sur le niveau réel des championnats pros cette saison ?

« Apporter un jugement sur le niveau réel de notre championnat implique la prise en compte de plusieurs facteurs qui peuvent être techniques, organisationnels, financiers, médiatiques, ou encore interpeller l’audimat ainsi que le nombre de spectateurs que ces championnats drainent. Cette liste sans être exhaustive impose une introspection réelle pour apporter un jugement objectif.  Sur le plan technique, à mon avis, la multiplicité des aires de jeux gazonnées, a favorisée l’amélioration de l’entraînement et par ricochet, du jeu. Sur le Plan Organisationnel: Comme préalablement évoqué, en prenant pour repère les championnats de la saison sportive 2015/2016, il y a eu une nette amélioration sur ce plan. Pas suffisant certes, mais Perfectible pour la saison à venir. »

Sur le plan financier, MTN un soulagement ou c’est la solution à tous les problèmes ?

« Les choses semblent aller de mal en pire. L’arrivée de MTN Cameroun a fait forte sensation certes, mais n’est pas suffisante. D’autres entreprises citoyennes devraient emboîter le pas pour accroître les budgets des clubs et impacter de fait sur l’amélioration des conditions de travail des joueurs et entraineurs qui survivent au lieu de vivre de leur métier. Un élément démonstratif de cette situation est la cérémonie des Awards de la LFPC dans laquelle la cagnotte remise au club champion du Cameroun ne s’est pas améliorée. La totalité de la subvention accordée par l’État comme contribution pour paiement des salaires n’est pas encore versée alors que les dits championnats sont achevés. »

Corolaire à la perte de vitesse de certains clubs et du foot camerounais ?

 « L’argent reste l’élément absent dans ces championnats. Cette précarité explique les mésaventures permanentes des clubs camerounais sur la scène Africaine. L’autre pan de cette pénurie financière est l’incapacité de nos clubs à pouvoir recruter ou conserver des joueurs de qualités. D’où l’exode massif des talents vers des pays quelques fois inconnus ayant un traitement meilleur simplement que le nôtre. Je vous fais fi des autres aspects car la solution au financement du foot professionnel apportera une solution globale à la majorité des tares observées actuellement. »

La palme de la meilleure progression est attribuée à qui ?

« Faire un jugement n’est pas aisé. Mais, en restant logique et considérant les nouvelles aires de jeu mis en service pour ce foot professionnel cette saison, notre championnat a progressé d’un cran par rapport aux saisons sportives écoulées. Les joueurs et les entraîneurs sont  au centre de cette performance car ont su progresser avec ce nouvel environnement dont ils ont toujours souhaité. Les Équipes du Centre en sont l’illustration parfaite avec 2 places sur 04 en compétitions internationales et les titres de Champion en L1 et 2. Ceci est la résultante de la multitude de terrains gazonnés dans la ville de Yaoundé. »

La gestion interne des équipes est-elle en nette progression ?

« Les Équipes sont les parents pauvres de cette métamorphose. Leur gouvernance est appréciable pour la plus part mais tout ceci dans un environnement économique précaire. Les Clubs assument difficilement leurs obligations contractuelles vis à vis de leurs employés. Les droits d’images qui devraient être l’élément essentiel pour renflouer les caisses, sont encore gérés dans un flou par la LFPC. »

La relation Club-Lfpc est plus facile ou demeure difficile ?

« Seulement, un léger mieux a été observé pour cette saison malgré quelques faits ayant défrayé la chronique en cette fin de saison sportive entre les clubs. Les Rapports entre notre Club et la LFPC sont cordiaux pour ce qui est des relations humaines et sportives. Sur le plan financier, un imbroglio existe dans la redistribution des apports des partenaires déclarés et secrets de la LFPC. Nous observons un fonctionnement unilatéral du Président de la LFPC au détriment des recommandations du Conseil d’administration. Tout ceci rend inefficace l’ensemble des actions menées car inopportunes pour les clubs. Conclusion : le Gap s’est encore creusé entre nos budgets prévisionnels et la réalité du terrain. »

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