Narcisse Tinkeu : « la préparation physique est axée sur trois volets »

Ancien préparateur physique d’UMS de Loum, et membre de l’encadrement technique de la sélection nationale A’ actuellement au Maroc pour le CHAN, Tinkeu a bien voulu nous servir un cours magistral en PP et sur l’importance d’une préparation athlétique optimale d’avant, pendant et après saison chez les footballeurs professionnels, à l’instar de ceux des championnats camerounais.

Quelle est la durée d’une bonne préparation physique ?

De façon générale, la préparation physique dure autant que la saison, si la saison dure 10 mois, la pp va durer 10 mois, et à cela il faut ajouter la période de l’intersaison où le footballeur pro doit logiquement être soumis à un travail d’entretien, préparé en aval par le pp du club et qui peut être suivi par un professionnel en fonction du lieu où le joueur passe ses vacances. Il est également modulable. De façon spécifique, en championnat pro, la préparation physique est axée sur trois volets : la performance et la prophylaxie et la ré-athlétisation.

Pouvez-vous mieux développer?

La performance est d’abord l’objectif opérationnel d’une équipe. Dès lors, en fonction de la période de la saison (préparation, précompétitive ou compétition), en accord avec tout le staff, le pp élabore une planification en tenant compte des objectifs de la saison, objectifs collectifs, objectifs de groupe et sous-groupe et objectifs individuels. Dans cette planification, bien sûr que tous les facteurs athlétiques sont intégrées (endurance, force, vitesse, souplesse…) de même que les périodes et les moyens de récupération doivent/peuvent bien être indiqués. Cette planification est découpée en programme, puis en unité de tâche. Maintenant c’est à chaque pp d’adapter son programme en fonction des réalités de son environnement socio-professionnel, qui du reste, n’est pas à négliger. En ce qui concerne la prophylaxie, c’est un pan très important de la pp qui n’est pas encore ancrée dans nos mœurs, même si je pense que certains le font de façon inconsciente. Elle est très importante pour prévenir les traumatismes. Enfin, la ré-athlétisation, dans notre environnement est aussi l’apanage du pp, car il n’est pas encore ancré dans nos mœurs qu’un club puisse avoir au moins 2 pp, avec l’un qui s’occupe exclusivement de cet aspect-là : la gestion des joueurs qui reviennent d’une période d’arrêt, suite à une blessure ou à un arrêt involontaire.

Quelle est la typologie des blessures que l’on rencontre le plus au cours d’une saison ?

En ce qui concerne les types de blessure qui ont été répertoriés, je pense que les médecins sont mieux placés pour donner plus de précisions, mais de façon générale les blessures sont musculaires, tendino-ligamentaires ou osseuses, mais les plus récurrents sont en principes les deux premiers types. Ces blessures sont généralement liées à la qualité des infrastructures et surtout à la préparation invisible que je mettrais ici sur le faite de l’hygiène de vie et la qualité de la récupération dans notre environnement, qui, hélas, est loin d’être celle d’un véritable sportif de haut niveau. Comment les éviter : Il faut déjà moderniser l’environnement de travail et mettre le sportif dans un cadre propice à son épanouissement, seul gage de réalisation des grandes performances. Bien sûr il faudrait que le sportif fasse attention à son hygiène de vie, et éloigne de lui les variables intermédiaires et parasites qui ne contribuent pas à optimiser sa performance.

On dirait que votre profession est très proche de celui d’un kiné ou d’un médecin de sport ?

Je pense qu’il n’y a pas de parallèle car dans le monde professionnel, il s’agit de deux fonctions différentes avec des cursus bien différents. Autrement dit le médecin, le physiothérapeute et le kiné ne sont pas des préparateurs physiques de même que le préparateur physique n’est pas l’un de ces professionnels. Maintenant, tous, dans leur formation ont des bases des de la physiologie, de l’anatomie, de la biomécanique éventuellement et bien d’autres choses qui font que dans un staff, ils maitrisent au mieux les fonctionnements de l’organisme du sportif. Mais, ils doivent être de très bon collaborateurs et même des « complices » afin de gérer, dans certains cas, de façon collégiale le problème posé par le sportif, car si l’un agit en amont, l’autre agit en aval et vice-versa.

 Ces professionnels sont-ils tous en exercice au sein de nos clubs pro ?

De plus en plus nous observons une professionnalisation des dirigeants de clubs. Certes très peu de clubs peuvent prétendre posséder en leur sein tous ces professionnels, mais en général, les relations sont saines. Je pense que le problème pourrait se situer au niveau des émoluments, et si c’est le sens de votre question, il y a vraiment à redire. Bref, à ce niveau, des efforts considérables doivent encore être consentis, car en fin de compte, il s’agit de sortir notre football de l’ornière et le conduire de façon majestueuse vers le chemin de l’émergence, nous y croyons très fermement et nous travaillons au quotidien pour ladite cause. »

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